Oui le prefect stove est une déclinaison du rocket très intéressante, et la commercialisation du système constructif démocratise un peu plus les poeles de masse, c'est une très bonne chose.
Alors si tu regardes bien sur leur doc, http://www.oxalis-asso.org/wp-content/uploads/Manuel-dauto-construction3.pdf l'utilisation du tube inox annelé ne se fait que dans la descente des fumées, alors qu'elles sont déjà refroidies par la surface d'échange de la cloche, et ce n'est pas pour rien, car ces tubes ne sont donnés que pour une plage d'utilisation de -100 à 360° d'après le fabricant.
L'inox ce n'est jamais terrible en température, ni en échange thermique car la conductivité n'est que de 25 W/m/°K tandis que le cuivre c'est 390, mais ce n'est pas forcément un problème si on rallonge l'échangeur. Par contre le tube étant annelé c'est un avantage pour augmenter sa surface d'échange.
Niveau prix l'inox annelé en 16mm vaut dans les 5€ le mètre contre 8€ pour le cuivre, ça vaut le coup de se poser la question.
Chez Oxalis ils ne précisent pas la puissance de cet échangeur, mais comme ils proposent une autre type d'échangeur à placer juste au dessus de la cheminée interne si l'on souhaite faire du chauffage central, je peux présager que l'échangeur en inox annelé doit avoir une puissance comparable à mon bricolage.
Ensuite je ne saurait pas dire si le cuivre est plus durable que l'inox, mais le gros avantage de l'inox c'est qu'on ne soude rien, tous les raccords sont à visser.
Quand à la corrosion due au contact entre l'acier et le cuivre dans mon échangeur, elle risque d'être très limitée car il n'y a pas de fluide pour faire circuler les ions, le circuit électrique équivalent reste ouvert. Et puis si la corrosion arrive, l'acier se fera ronger en premier, laissant au pire le cuivre enrobé dans sa gaine d'argile au milieu des fumées. C'est aussi une raison pour laquelle j'ai coulé les 2 cylindres.
La vanne en bas de l'échangeur c'est une bonne idée, et permet de vidanger si nécessaire, particulièrement utile si la maison n'est pas hors-gel (même si ça se fait de plus en plus rare, et que dans ce cas il va falloir penser à isoler le bâtiment avant de chercher à mal le chauffer ! )
La solution de repli par résistance EDF, pourquoi pas, et si ton cumulus en est déjà équipé et qu'elle fonctionne tu peux la laisser et ne l'utiliser que quelques fois par an. En hiver tu n'en n'auras pas besoin car les feux sont quotidiens et suffiront à réchauffer ton eau, le problème se rencontre à mi-saison, ou souvent le chauffe-eau solaire est faible par temps gris mais qu'il ne fait pas assez froid pour allumer un feu. Dans ce cas une heure ou deux de chauffage nucléaire pourront faire le complément.
Un chauffe-eau instantané (comme celui d'entreprise dont tu parles) c'est efficace mais son débit assez faible limite son utilisation à un robinet, et l'appel de courant est énorme, plus de 4kW nucléaire, ça va si on ne s'en sert pas souvent, pas longtemps et qu'on a un gros abonnement...
Tu pourras utiliser un ballon vertical en le posant à l'horizontal mais sa capacité utile sera très diminuée (peut-être de la moitié) car l'entrée froide va se retrouver assez proche de la sortie chaude au lieu d'être positionnées aux extrêmes. Il existe des cumulus horizontaux pour cet usage, c'est plus adapté, ils sont à peine plus cher que les verticaux car juste un peu moins commercialisés. Peut-être est-il possible de dévier les arrivées d'eau froide et chaude pour transformer un vertical en horizontal ? C'est une piste qui mérite d'être explorée car tu n'es pas le seul à manquer de place en hauteur pour le thermosiphon.
Donc pour faire un thermosiphon avec un chauffe-eau solaire, la difficulté est d'arriver à positionner les panneaux en dessous du ballon, tout en évitant les grandes longueur de tube qui vont ralentir le débit, ces 2 paramètres sont vraiment plus importants que la pente du tube.
Il faudra dans tous les cas un échangeur dans le ballon pour ce circuit solaire car l'eau gèle et n'est pas adaptée en France à nous hivers en dessous de 0°. On doit faire circuler un liquide caloporteur antigel (glycol) et cela ne peut se faire qu'a travers un échangeur pour avoir un circuit séparé de notre eau utile.
Dans l'installation que j'ai décrite, le groupe de sécurité est non seulement suffisant, mais il est obligatoire et déjà présent comme sur toute installation avec cumulus. Il est possible mais facultatif d'installer un vase d'expansion pour eau potable afin d'éviter la perte par goutte à goutte, qui est de l'ordre de 1 litre d'eau froide par jour.
En revanche, sur un circuit fermé avec échangeur dans le ballon, le vase d'expansion est obligatoire, et le groupe sécurité facultatif s'avère être un outil bien pratique pour remplir et vidanger car il remplace 2 vannes, un anti retour et la soupape anti surpression. C'est ce que j'ai fait dans ma maison y'a 3 ans :
http://www.ecologie-pratique.org/forum/viewtopic.php?showtopic=2682
Le rocket pourra fonctionner sans eau, mais le métal de l'échangeur va beaucoup chauffer, alors attention à l'endroit où on le place.
Le cuivre fond à 1085° et commence à recuire bien avant, et cette température est parfois atteinte dans nos rockets au dessus de la cheminée interne, le tube ne devra donc pas passer pas là ou être bien isolé (pas évident), quand à l'inox annelé il est donné pour 360° maxi, c'est la température qu'on peut atteindre au niveau du cendrier de descente d'un rocket avant d'attaquer la banquette....alors même si les fabricants ont prévu une marge de sécurité...tu devines la réponse. C'est vrai qu'on n'a pas ce problème avec l'échangeur externe autour du baril : pas obligé de faire la plomberie avant d'allumer le rocket.
Pour finir, je rappelle que je n'ai rien inventé, Fifi avait déjà réalisé un échangeur un peu différent à l'intérieur du baril avec un circulateur et ses résultats sont intéressants :
http://www.ventarelle.com/?page_id=658
Allez j'y retourne,
Cédric
