Alors voila, si je reprends le titre de ce fil, vous avez compris que je vais causer Forge. C'est en forgeant qu'on devient forgeron, soit ! Encore faut-il pouvoir forger pour cela... et nous avons alors besoin d'une ... forge ! (je constate que vous suivez bien, merci merci!).
En toute modestie donc, et en priant les lecteurs plus expérimentés en la matière d’excuser les grosses boulettes que je vais nécessairement étaler ici, je vous propose un petit reportage sur la réalisation d'une forge à charbon maison...
Mon fiston a suivi une initiation forge il y a peu, il a surkiffé. Alors, on s'est mis en tête d'en fabriquer une, à partir de matériaux de récupération uniquement. Quelques recherches sur le net, et c'est parti.
Etape 1 :
Prendre une vieille bouteille de gaz (millésime 1968, pour celle-ci, c'est gravé dans le métal!), la vider en ouvrant le bouchon dehors dans un endroit bien aéré, et en retirer le bouchon. C'est assez dur, mais on y parvient. Pour ma part, j'ai pris une grosse clé à molette, et j'ai tapé sur le manche à la masse, petit à petit, le robinet se décoince et on peut le dévisser. Nécessaire de coincer la bouteille d'une manière ou d'une autre auparavant, sans quoi, elle roule si elle est couchée. J'ai fiché un fer à béton dans le sol, bien droit, et y ai passé un trou du pied de la bouteille de gaz : ça ne bouge plus.
Remplir d'eau pour chasser tout le gaz, jusqu'à débordement, et vider la bouteille.
Etape 2 :
Après un tracé scientifiquement calculé, dessiné sur la bouteille, procéder à la découpe. Conserver la prtie découpée pour plus tard.
Etape 3 :
Repérer le passage de l'arrivée d'air, l'idée dans mon cas, c'est de passer une tuyère dans laquelle je soufflerai (d'une manière ou d'une autre) de l'air pour faire monter le charbon de bois haut en température. J'ai donc récupéré un tube en bon gros métal dans un vieux chauffe-eau. Reste à percer la bouteille pour le passer. Je réalise une série de petits trous à la perceuse, mèche à métal.
Bon, il se trouve que dans ma configuration, il a fallu que je découpe le gros bloc avec le pas de vis présent sur le haut de la bouteille, parce que ma future tuyère doit passer à peu prés au milieu. J'en ai bien ch** sur cette découpe, je ne vous le cache pas. L'acier était d'un bon 2cm d’épaisseur à cet endroit. Mais à force d'user les disques de la meuleuse, j'y suis parvenu. Résultat hideux, mais ça fera l'affaire.
Etape 4 :
Mise en place de la tuyère
Ça passe ! Deux points de soudure pour éviter que ça ne bouge dans les prochaines étapes.
Réalisation de traits de disque sur la tuyère, pour les futures arrivées d'air : Partie simplissime, on pose la meuleuse, on appuie et on décale pour refaire la même chose!
Etape 5 :
On remplit avec un maximum de morceaux de briques réfractaires (il nous en restait un paquet suite à la construction du Papooses'Rocket). L'idée, c'est de remplir l'espace pour éviter de devoir couler trop de béton réfractaire ensuite. Alors, on joue au Lego avec les enfants !
Etape 6 : Le béton réfractaire
Bon, il s'agit ici de remplir la bouteille avec un béton/ciment (je sais jamais quel terme utiliser!) qui va permettre de monter bien en température. Problème, je n'ai pas de béton réfractaire et j'ai pour objectif de faire tout en récup'. Je me documente un peu, et je me dis que je vais créer mon béton réfractaire maison, plutôt que d'en acheter un tout prêt en GSB (que je ne souhaite pas enrichir, non mais!) . Y'a pas de raison, hein?
Les puristes ne me jugeront pas trop vite : j'ai sans doute commis une hérésie, mais au moins je me suis régalé.
Recette : une dose de poudre de briques réfractaires et d'argile cuite (ça se concasse très facilement dans un mortier avec un gros galet de chez nous) + deux doses de sable gris (reste de la construction du Rocket) + une dose de ciment (reste d'un sac qui traine dans le garage).
En gros, j'ai réalisé ma chamotte tout seul. Je vous passe la satisfaction d'avoir fait la nique à Lafarg* et autres cimentier qui veulent nous vendre du tout prêt qu'on peut faire nous-mêmes, même si je ne garantis pas le résultat... Mais on verra bien.
Etape 6 :
Je protège la tuyère et ses fentes d'arrivée d'air, et je coule mon béton. Je l'ai volontairement réalisé assez liquide pour qu'il pénètre le plus possible dans les petites interstices de ma bouteille.
Une fois pris, j'enlève les protections en carton, et lisse un peu les bords, en tentant de réaliser une cuvette qui descend vers la tuyère. Mon charbon s'y accumulera et pourra monter en température juste au milieu de cette forge.
Etape 7 : la plus longue
Attendre que ce soit sec. Je table sur trois semaines - 1 mois de séchage avant mise en feu. Ça va être long.
J'ai soudé une poignée sur la partie de la bouteille découpée au tout début, ce qui me donne un couvercle et me permet de "fermer" la forge quand elle n'est pas utilisée. Petit détail sur lequel tu passes une heure de plus, mais qui te scotche un gros sourire...!
Si je fais un petit bilan, en trois bonnes heures, j'ai donc réalisée la version 1 de "Forgette" (baptisée par mon fiston ainsi!). Ça n'est sans aucun doute pas parfait, mais je pense qu'on a là une petite forge qui peut nous suffire à démarrer dans cette activité. J'espère que ce petit reportage bien modeste pourra éventuellement servir à quelqu'un qui voudrait tenter l'aventure. Je reviens bien entendu dès qu'on a pu tester cela, ce dont j'ai grande hâte vous l'imaginez... A plus















